Alcoolique, toxicomane, dépendant : le danger des étiquettes

Mis à jour : juin 23

Pourquoi certaines personnes deviennent-elles toxicomanes? Voilà une question que plusieurs peuvent se poser et qui possède des tonnes de réponses. Maladie? Problème de société? Réalité multifactorielle? À vous d’en juger. Ça dépend de votre vécu, de vos valeurs et de votre propre perception. Mais.. si je vous disais que personne n’est réellement « un toxicomane »?


Les étiquettes qu’on appose sur les autres, comme les alcooliques, les drogués, tout comme celles qu’on colle à notre propre personnalité (qui prennent la forme de jugements ou de préjugés) ont un impact majeur sur la persistance de certaines habitudes. Laissez-moi aujourd’hui vous expliquer en quoi désigner les autres de cette façon contribue au maintien de ces habitudes, plutôt qu’à faire en sorte qu’elles disparaissent. Pourtant, c’est ce qu’on s’attend d’eux; qu’ils changent non? En défaisant certaines idées bien ancrées; en se débarrassant des « je suis comme ça »; en comprenant que nous sommes avant tout des êtres humains imparfaits, qui font parfois de mauvais choix; on comprend pourquoi personne n’est réellement toxicomane. Je vous explique.



Étiquette accrochée à une feuille
Les étiquettes n'ont pas été réfléchies pour désigner des humains.


Un humain, et c’est tout.


Quoi que l’on fasse, nous ne serons jamais autre chose qu’un être humain. Être quelque chose, c’est une job à temps plein. Or, on se cache souvent derrière des termes, des qualifications, des désignations, pour expliquer des comportements temporaires. Besoin d’exemple?


- Je suis traineux cache je me suis laissé trainer

- Je suis paresseux cache je me suis laissé aller


Et c’est bon pour comment on perçoit les autres aussi.


- Elle est folle cache « sa réaction est excessive »

- Il est incompétent cache « il a fait quelques erreurs »


Peut-être avez-vous quelques exemples qui vous viennent en tête actuellement?


Retour vers la job à temps plein : si je suis impulsif, le suis-je tout le temps? 365 jours par année, 24h sur 24? Dans mon sommeil? En me levant? Bien sûr que non. Si je suis maladroit, le suis-je tout le temps? 365 jours par année. 24h sur 24? J’échappe mon bol de céréales au sol, je m’enfarge dans les escaliers? Je renverse mon jus d’orange? Et ce avant même de passer la porte? Non plus. Or, j’étais un humain hier, aujourd’hui, et le serai demain. Vous comprenez l’idée. On généralise, et on se déresponsabilise. Sachant ça, pourquoi on s’entête autant à se voir de cette façon, ou à coller une étiquette sur ceux qui nous entourent?


Quand l’étiquette nous avantage


Faut quand même avouer qui’a des bons côtés à se percevoir positivement. C’est plus facile. Après tout, on se questionne sur nos qualités, nos défauts, mais peu sur nos choix ou nos fausses notes. Ça coule mieux. En outre, certains admettent leur impuissance face à leur perte de contrôle et c’est cet aveu qui leur sert davantage. Une étude a même suggéré que d’entrevoir nos bons coups comme un tout et nos erreurs comme passagères pouvait nous aider à renforcer nos qualités, et se détacher de nos défauts. Exemple :

  • Si on dit d’une personne qu’elle est généreuse, il y a plus de chances qu’elle multiplie les actes de générosité. Donc, qu’elle y croit.

  • Si on est persuadé d’être mauvais en cuisine, on a plus de risques de rater ses recettes.


Imaginez si on répète à quelqu’un qu’il est juste un toxicomane. Peut-être qu’il finira par le croire.


À la fin, on se demande pourquoi les gens font ce qu’ils font et c’est normal. Qu’on approuve leur comportement ou pas. En revanche, on a tendance à émettre un jugement personnel et global sur un ou des gestes. Si se cacher derrière un trait de personnalité invariable nous amène à nous déresponsabiliser, probablement que d’étiqueter quelqu’un aura le même effet. On a tout intérêt à se donner une chance d’agir différemment, quand même. De sortir des « je suis comme ça et c’est tout ».



femme qui semble triste regardant au loin.
Pour favoriser le changement, il faut cesser de se voir comme une cause perdue.


Nous sommes plus que nos comportements


Quoi qu’il en soit, personne n’est bon ou mauvais, mais plusieurs personnes font de bonnes et de mauvaises choses. Vous voyez la différence? On a tous le pouvoir de faire prendre conscience à quelqu’un qu’il est davantage que ses comportements. Et ça commence par la personne que vous voyez dans le miroir. S’accueillir sans jugement et se montrer indulgent, ce n’est pas d’être insensible aux conséquences de nos gestes, c’est de comprendre qu’on est plus que ce qu’on fait. Que nos erreurs ne définissent pas qui nous sommes. Qu’il y a toujours la possibilité de changer, parce qu’on a jamais réellement été quoi que ce soit d’autre..

qu’un humain.

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