La consommation comme automédication à la détresse, l’anxiété ou la dépression : parlons-en.

Dernière mise à jour : 21 févr.

Parmi toutes les raisons qui poussent une personne à consommer, l’éventualité qu’il s’agisse d’une forme d’automédication est hautement probable. Bien que ce ne soit pas du tout la seule explication possible, toujours est-il que l’objet d’une dépendance prend fréquemment naissance dans un désir de réduire une souffrance.

Qu’entendons-nous par automédication? On parle ici de cette tendance qu’ont certaines personnes à apaiser leur douleur (psychologique ou physique), sans supervision ni recommandations médicales, par le biais de substances psychotropes, notamment. En d’autres mots, il y a de ceux qui, au-delà des sensations agréables et des effets euphoriques, cherchent surtout à se soigner eux-mêmes, à soulager leurs différents malaises et qui, ultimement, finissent par développer un usage problématique, voire une dépendance. La nature de celle-ci dépendra bien évidemment des effets recherchés. Voyons voir.


L’alcool est connu pour ses effets anxiolytiques à faibles doses. Le consommateur y voit ainsi une solution à un problème qu’il ne semble pas en mesure de gérer jusqu’ici : son anxiété. Le cannabis possède quant à lui des propriétés susceptibles d’augmenter la faim ou bien de favoriser l’impression de sommeil. L’insomniaque ou l’anorexique y trouve son compte. La cocaïne implique une sensation d’invincibilité. La personne en perte de motivation s’en sert comme carburant. Et ainsi de suite. La consommation, qui ne vient pas sans effets néfastes, remplit donc une fonction bien précise. Pourtant, les histoires ne sont pas pour autant toujours aussi manifestes ni conscientes..


Un individu dans un état de culpabilité (ou de honte) incessante, une personne triste qui traverse un deuil ou quelqu’un à bout de souffle (psychologiquement parlant) : tous ces contextes sont susceptibles de déclencher des envies d’apaiser l’inconfort, avant d’atteindre l’agonie. De plus, il peut s’agir d’un trait de personnalité avec lequel nous sommes inconfortables (ex : introversion) qui nous poussent à identifier les moyens enclins à baisser nos inhibitions (ex : alcool, cocaïne). C’est ainsi que malgré toutes les options qui s’offrent à ceux et celles qui vivent ce genre de détresse, la consommation est par moment celle qui est retenue. L’anesthésie l’emporte, puisque perçue comme un remède efficace. Mais à quoi peut bien ressembler une des solutions qui est ici ignorée?


En parler : le chagrin, la peine et le désarroi ont une chose en commun : ils s’accumulent si l’on ne s’en occupe pas. Quelle que soit leur origine, plus ces états d’être sont ignorés, plus ils nous consument, agissant comme la corrosion et la rouille. Pour toutes sortes de raisons, l’être humain apprend parfois qu’il vaut mieux se montrer indifférent à ce qu’il ressent, qu’il vaut mieux fuir qu’affronter, qu’il gagne à faire comme si tout allait bien. Une bière ne vous jugera jamais, n’est-ce pas?

Afin de briser ce cycle, il s’avère nécessaire que les canaux de communication soient ouverts, que les tabous, jugements et préjugés tombent. Demander de l’aide requiert une acceptation de sa vulnérabilité, un passage de la honte vers la sérénité. Toutefois, en dépit de toutes les responsabilités qui reviennent à la personne qui désire être épaulée, nul ne peut négliger le rôle d’une société, et des personnes qui en font partie. Imaginons un monde empathique, où la verbalisation de sa détresse vient avec des « je t’écoute, c’est correct de ne pas être correct » plutôt qu’avec des « reviens-en », « arrête de te plaindre » et/ou « pense à autre chose ». Peut-être que de la sorte, l’automédication perdra de ses plumes, pour qu’apparaissent quoi? : des méthodes centrées sur notre humanité.


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