Et si on se parlait.. avec bienveillance?

Dernière mise à jour : 17 août

La communication non violente : comment nourrir une relation gagnant-gagnant.


Souvent nous nous parlons mais nous ne nous entendons pas. Ne dit-on pas un mal-entendu ? Mais qu’est-il important d’entendre pour que nos relations soient harmonieuses ? Le cœur du problème réside dans la difficulté que nous avons à identifier nos besoins réels, à les nommer et à en prendre responsabilité.


Pourquoi il est important de reconnaître nos besoins


Ce que nous ressentons (émotions, sentiments) est un signal de la satisfaction ou non de nos besoins. En effet, lorsque nous avons des ressentis agréables, c’est le signe que nos besoins sont satisfaits et, inversement, lorsque nos ressentis sont désagréables, c’est que nos besoins sont mis à mal.


Souvent, étant enfants, nos besoins réels n’ont pas été suffisamment pris en compte, respectés et encore moins satisfaits. Nous avons donc appris, pour survivre, à les nier ou à nous battre contre l’autre pour les satisfaire. Nous vivons alors sur un mode gagnant-perdant, dominant-dominé et trouvons différentes stratégies plus ou moins inconscientes, allant de se fondre dans le besoin de l’autre à la manipulation ou l’abus de pouvoir, pour tenter d’exister dans nos besoins.


Cette façon d’être en relation est basée sur la croyance que je dépends de l’autre pour être heureux, pour satisfaire mes besoins. C’est ce que l’on appelle de la codépendance. Si enfant, il est vrai que nous dépendons de nos parents (ou protecteurs) pour satisfaire la plupart de nos besoins fondamentaux, le processus d’autonomisation et d’individuation permet d’en prendre responsabilité. Mais quand nous n’avons pas été suffisamment accueilli dans nos besoins, ce ‘’manque’’ subsiste et une part de nous continue à attendre que ‘’l’autre’’ le comble. Cette croyance biaise notre relation à l’autre et nous laisse dans un sentiment d’impuissance.

Un arbre symbolise l'harmonie entre 2 personnes dont les racines se tiennent la main.

Mais un chemin de transformation de la relation à soi et à l’autre existe, un chemin ou les oppositions peuvent évoluer en collaboration. Un voyage qui, s’il est balisé, demande de la pratique et de sortir de nos habitudes conditionnées. Ainsi la communication non violente (C.N.V.) nous donne des outils concrets pour vivre des relations empreintes de respect, de sécurité et de collaboration.




4 étapes pour des relations gagnant-gagnant…et pour une paix intérieure


1. J’observe les faits ….et non mon interprétation des faits.


Exemple


Interprétation : T’es toujours en retard, on n’a jamais de soirées ensemble.
Le fait : Cette semaine, tu es rentré 3 soirs après 21h et j’étais déjà au lit.

.

Nous avons pour habitude d’interpréter une situation à travers les filtres déformants de nos croyances et ceux-ci sont différents pour chacun.

Si nous voulons avoir des relations de collaboration mutuelle, il est important de réaliser que notre interprétation d’une situation n’est pas une vérité en soi et qu’elle active automatiquement, voire nourrit, nos réactions émotionnelles.

Rien que faire ce travail de revenir dans les faits objectifs d’une situation nous permet d’apaiser nos réactions émotionnelles, de prendre un premier pas de recul et donc de gagner en clarté d’esprit, en discernement pour avoir une attitude et des actions bénéfiques.


2. Je nomme mes ressentis sans y impliquer l’autre


Pour nommer nos ressentis, un piège courant est de croire que parce que j’utilise le ‘je’, je ne parle que de moi. Or souvent, nous employons des mots qui sont des interprétations ou des jugements de ce que l’autre nous a fait. C’est ce qu’on appelle des évaluations masquées.


Exemple


Ressenti qui est une évaluation masquée : je me sens abandonnée, négligée.
Ressenti qui n’implique que moi : je me sens seule et déprimée.

N.B. : vous trouverez une liste de ces mots pièges sur la 3ième page en annexe.


Les évaluations masquées qui impliquent l’autre, envoient un message inconscient que c’est la faute de l’autre si nous avons des ressentis difficiles à vivre. D’une part, cela lève les mécanismes de défenses de notre interlocuteur car nous sommes sur un mode accusateur et il risque d’être moins enclin à écouter avec empathie ce que nous disons. D’autre part, cela nous met dans un sentiment d’impuissance car si l’autre est la cause de notre inconfort, c’est lui qui doit changer pour que nous nous sentions mieux. Heureusement, ce n’est pas en notre pouvoir ! Et il ne sert à rien de s’y essayer vainement car cela ne comblerait notre besoin que provisoirement et nous maintiendrait dans un état de dépendance.


La bonne nouvelle est qu’en prenant responsabilité de nos ressentis, nous nous recentrons et commençons à sortir de notre sentiment d’impuissance, à retrouver notre pouvoir personnel.





3. J’identifie et partage mon besoin


Il existe des besoins universels dans lesquels tous les êtres humains peuvent se reconnaître. Lorsqu’on les partage, ils invitent à l’empathie. Mais souvent nous confondons nos besoins avec un souhait, une demande (4ième étape). Cette confusion rend la négation de notre souhait très difficile à vivre. Cela peut amener des difficultés à exprimer des demandes (on se tait dans les mots mais notre non-verbal parle pour nous) ou à employer des stratégies manipulatoires conscientes ou inconscientes pour avoir ce qu’on souhaite.


Exemple


Souhait confondu avec un besoin: J’ai besoin que tu rentres tôt, qu’on se commande une pizza et qu’on regarde un bon film ensemble.
Besoin : J’ai besoin de connexion et d’affection (la demande viendra ensuite)

Nous avons rarement appris à reconnaître et nommer nos besoins réels. Au mieux, nous les ignorons, fréquemment, ils sont dénigrés et refoulés. Nous avons peut-être appris qu’il est égoïste d’écouter nos besoins mais le plus souvent, nous les faisons taire car y connecter nous met en contact avec la souffrance mémorisée de toutes les fois où ils ont été ignorés. Or, ce sont eux qui cherchent à se faire entendre derrière nos ressentis ‘désagréables’. Et si nous ne les écoutons pas, ils cherchent à prendre des voies détournées pour faire entendre leurs voix.

Rien que de reconnaître un besoin, nous apaise car il n’y a alors plus autant de raison pour nous envoyer un signal via nos ressentis. Les besoins ont plus besoins d’être reconnus que satisfaits.


Mais surtout, en identifiant un besoin, nous pouvons en prendre responsabilité et arrêter de croire que seul une personne faisant une action particulière peut combler ce besoin. Car face à un besoin, il y a de multiple de façon de le satisfaire.


Ainsi, nous pouvons aller vers des ressources extérieures différentes et voir ce que nous pouvons faire nous-même pour combler ce besoin.

N.B. : un besoin universel n’est pas un verbe (une action) et ne s’adresse pas à une personne (voir liste des besoins en annexe)


4. Je fais une demande concrète, réalisable et négociable


Une fois que l’on a exprimé son besoin (universel) sans transférer sur l’autre toute la responsabilité de le combler, notre vis-à-vis sera dans une meilleure disposition pour recevoir notre demande et collaborer… si c’est juste pour lui. Une demande! Pas une injonction masquée, pas une obligation ! Une demande, c’est-à-dire que notre interlocuteur est libre de dire ‘oui’, ‘non’ ou de proposer des aspects différents. Une vraie demande doit être négociable.


Voici d’autres éléments bénéfiques :

Une demande gagne à être réalisable, concrète (si tu désires que je t’aide, qu’est-ce que ça veut dire concrètement pour toi ?), s’adresser à une ou des personnes précises, affirmative (ce que je veux et pas ce que je ne veux pas), définie dans le temps.


Exemple


Demande : Serait-tu d’accord de rentrer ce soir avant 18h, que l’on se commande une pizza et qu’on regarde un bon film ensemble collé-collé sur le sofa?
Réponse négociée : J’ai bien entendu ton besoin de connexion et d’affection et je désire le prendre en compte. En même temps, je passe mes journées assis au bureau et j’ai besoin de mouvement et de plein air. Que dirais-tu d’aller marcher autour du lac main dans la main et d’y faire un pique-nique ?

Les éléments d'une relation gagnant-gagnant.

Le mettre en pratique


Oui ça demande de la pratique et donc quelques efforts pour changer son mode automatique réactionnel mais n’en avez-vous pas assez des non-dits, des mal-dits, des mots qui écorchent la relation et de leurs effets destructeurs?


Lors de l’atelier du mercredi soir intitulé ‘’ Reconnaître ses besoins et s’affirmer sainement’’, nous visitons ces étapes et ceux qui s’y sont essayés ont vu leurs relations se transformer positivement. Ils partagent aussi avoir gagner en sécurité intérieure, en assurance et en sérénité. C’est ce qui se passe quand on reprend son pouvoir d’action. Alors ne le croyez pas, essayez-le ! 


Annexe

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