28 jours sans alcool : entre bienfaits et auto-observation

« Je peux arrêter quand j’veux ». Voilà une phrase fréquemment lancée, mais trop souvent banalisée. Sans gestes concrets ni réelle mise en application, elle devient une idée confortable sur laquelle on repose toutes nos distorsions de la pensée, alors qu’elle nous maintient au lieu de nous mobiliser.


AVIS : En fonction de la quantité consommée quotidiennement, il se pourrait que vous ayez besoin d’une assistance pharmacologique. Dans le doute, obtenez d’abord l’avis d’un professionnel.


Le défi 28 jours sans alcool, une initiative de la Maison Jean-Lapointe, représente pour plusieurs une opportunité de s’observer, de tester ses limites. Au-delà du challenge, il y a cependant une occasion de valider la nature de notre relation avec la substance. C’est quand on perd quelque chose qu’on prend conscience de sa vraie valeur, non? Or, si l’idée de vous investir dans cette démarche vous est un jour passée par la tête, peut-être aviez-vous besoin d’une motivation supplémentaire pour que cette année soit la bonne. Voyons d’abord..


Certains bienfaits


Comme l’alcool réduit les capacités naturelles de votre cerveau à réguler l’anxiété, l’équilibre chimique revient tranquillement. Votre anatomie n’a pas besoin d’une substance externe pour agir à ce niveau. Ainsi, après quelques jours où un léger malaise est probable, vous risquez d’observer une baisse de votre anxiété, en plus de jouir pleinement de certaines capacités cognitives (concentration, régulation des émotions).

Les effets sur votre santé physique se font ensuite (directement ou pas) sentir. Outre l’impression de chasser les toxines et la perte de poids (expliquée par le déficit calorique), votre sommeil semble plus réparateur, vos journées, remplies d’énergie. Quant à vos relations interpersonnelles, grâce à une présence d’esprit beaucoup plus lucide, il va de soi que vos conversations sont fluides, réfléchies et harmonieuses.


Toutes sortes d’avantages s’ajoutent à cette liste, mais explorons maintenant les éléments à surveiller quand vient le temps de prendre une telle décision.


Comprendre sa relation


Quand on parle de relation avec la substance, les questions qui se doivent d’être posées sont :


- Dans quelles circonstances ai-je tendance à consommer de l’alcool?

- Les raisons qui me motivent à en boire sont-elles toujours claires et bien définies?

- Aurais-je banalisé la fréquence, la quantité et les motifs derrière ma consommation?

- Où est-ce que je me situe face aux recommandations en matière de consommation à faible risque?


Comme la dépendance se mesure entre autres par les conséquences qu’elle engendre, il va de soi de garder à l’esprit ce qui nous pousse d’abord à revoir nos habitudes. Toutefois, comme celle-ci s’installe parfois de façon sournoise, prendre conscience par la voie de l’auto-observation de ce que s’en priver amène comme répercussions requiert de l’introspection et un désir profond de se remettre en question. Cette période d’arrêt, comme un entonnoir, risque d’isoler les contextes plus problématiques, donc de faire ressortir nos moins bons automatismes.


Auto-observation et auto-évaluation : et les constats?


Comment votre corps réagit-il? Des sensations de sevrage (tremblements, maux de tête, nausées) devraient vous mettre la puce à l’oreille.


Comment se passe votre retour à la maison? Peut-être qu’un verre de bière vous donnait cette impression d’apaisement. Possiblement qu’en prendre deux (2) était devenu nécessaire, ou que la routine ait eu un effet de conditionnement. À force de répéter, on vient à s’habituer, au risque de perdre de vue l’intention d’origine.


Certaines envies soudaines vous surprennent-elles? Il se peut que des réflexes se soient développés au fil du temps que l’arrêt soudain vous laisse sans alternatives. Un conflit qui, habituellement, résulte en épisode d’excès (pour anesthésier, par exemple), occasionne peut-être un malaise avec lequel vous composez difficilement.


Comment se passent vos rassemblements entre amis? Vous justifiez-vous? Est-ce difficile de refuser des consommations ou de privilégier les alternatives? Prenez également note de vos sensations de plaisir. Quelques-uns pourraient s’ennuyer, sentir qu’ils leur manquent quelque chose. L’aspect convivial de l’alcool n’est plus à défendre et l’association sociale, bien ancrée au sein de la société. Vous pourriez être amené à prendre conscience de certaines choses..


Poussez la réflexion en évaluant le plus de sphères possibles, et surveillez votre humeur!


Et le résultat?


S’interroger, c’est bien beau, toujours est-il qu’il faut en tirer des leçons constructives. Si la honte ou quelque forme d’état d’esprit similaire vous habite, accueillez-vous, sans vous juger. Ça prend beaucoup plus de courage d’en prendre conscience que de faire comme si rien n’était. Entreprendre une telle démarche vient avec le risque d’être inconfortable avec les répercussions, et c’est la beauté de la chose. De l’inconfort.. nait le changement.


Si cette période s’avère plus délicate que prévue, de l’aide existe pour vous assister, quel que soit l’ampleur de votre détresse. En plus de nos activités et services..


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